18. Réalité de chantier

Découvrez la nouvelle histoire vécue de la série « 50 visions de prévention » (en savoir plus sur mon défi)

En ce mois de décembre les températures sont relativement fraiches sur ce chantier de l’est de la France. Je suis ici pour tourner un film qui va servir de support de formation pour améliorer les pratiques sécuritaires dans cette entreprise de travaux publics au niveau régional.

Deuxième journée de prise de vue, en présence de la responsable HSE régionale. Après avoir fait les présentations avec le chef de chantier et l’équipe présente, qui par ailleurs étaient prévenus de notre venue, je commence à filmer l’interview du chef qui nous explique que certain réseaux n’étaient pas sur le plan et qu’ils ont dû s’adapter pour mettre ne place un autre type de blindage que ce qu’il avait prévu : des palplanches. (Pour les non-initiés, le but est d’éviter un ensevelissement lors de travaux de fouille).

Première difficulté, pour lever les palplanches avec l’engin, il faut les accrocher avec des manilles spéciales. Malheureusement, celles-ci ont été achetées récemment car elles procurent plus de sécurité selon le vendeur. Ce qu’il n’a pas précisé c’est qu’elles sont très dures à ouvrir.

Les compagnons se démènent et tout à coup, le conducteur d’engin descend et nous interpelle.

  • Vous voyez, c’est n’importe quoi ce qu’on voit en formation sécurité. Vous avez des grands discours, mais il faut voir comment ça se passe en vrai !

La responsable HSE rétorque immédiatement :

  • C’est justement l’objet de notre présence, cette vidéo sera vue par toutes les agences de la Région. Elle doit permettre d’échanger ensuite sur vos pratiques et chercher ensemble des solutions pour éviter les accidents.

Les conseils du préventeur

J’ai animé de nombreuses formations auprès du personnel, où je constatais parfois des décalages importants entre les règles que je devais expliquer et leur possible application. Dans certains cas, le respect des consignes générait même plus de risques !

C’est pourquoi, de plus en plus j’incite les entreprises à éviter les écarts entre travail prescrit et travail réel.

Pour cela, il faut en chercher les causes. Pourquoi certaines règles ne sont pas appliquées ? (Procédures, Mode opératoire, Consignes sécurité…)

  • Evolution (matérielle ou organisationnelle) depuis la rédaction du document.
  • Rédaction du document sans concertation.
  • Incompatibilité entre plusieurs demandes (par ex : gestion du temps et consignes de sécurité)
  • Manque de moyens
  • Formation inadaptée

Quelques soient ces causes, j’ai toujours du mal à comprendre la notion de « tolérance » vis-à-vis des règles de sécurité. Parfois, on me dit « C’est interdit, mais bon en fait c’est toléré… » (sic). Dans ce cas pourquoi laisser l’interdiction ? Si on tolère cet écart, alors pourquoi respecter les autres consignes ?

Pour moi, soit ces règles permettent de maîtriser les risques et on doit les appliquer. Soit elles sont inutiles car inapplicables et on doit faire évoluer la documentation.


Pour suivre la série « 50 visions de prévention » et être informé par mail de chaque nouvelle histoire.

PROCHAINE HISTOIRE: « La logique du chariot élévateur »

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