12. Mal à l’aise

Découvrez la nouvelle histoire vécue de la série « 50 visions de prévention » (en savoir plus sur mon défi)

Parfois, on se retrouve dans certaines situations où l’on constate que ce qu’on vient de dire met en cause certaines personnes, même si ce n’était pas une volonté. C’est ce qui m’est arrivé il y a une douzaine d’année.

Nous avons été sollicités pour sensibiliser les opérateurs sur les principaux risques qu’ils rencontrent : manutention manuelle, circulation mais surtout manipulation de divers produits dangereux dont une grande partie en poudre fine.

Afin de coller aux mieux à a réalité et donner des exemples précis, j’ai pris quelques photos dans l’atelier, échangé avec les opérateurs pour savoir comment ils travaillaient et comprendre leurs principales problématiques.

J’étais surpris par la quantité de poudre au sol, sur les poutrelles, les machines… En fait au moment de l’ensachage, certains sacs en cartons avaient une fâcheuse tendance à exploser sans prévenir…

Le problème majeur s’est situé pendant la séance de sensibilisation qui réunissait plus d’une vingtaine opérateurs. Dans la partie sur les risques liés aux produits dangereux. Je leur rappelle qu’ils utilisent des produits toxiques comme le fluorure de sodium, et les règles applicables pour s’en protéger.

Je montre également le tableau d’incompatibilité des produits dangereux et explique pourquoi on ne doit pas stocker ensemble des produits inflammables avec des comburants. Une voix s’élève devant moi. « Vous devriez regarder au stockage matières premières, vous ne serez pas déçus ! De toutes façon le responsable sécurité est un incompétent »

Je regarde le responsable, debout à mes côtés, qui reste coi. J’attends qu’il s’exprime, mais rien ne sort de sa bouche. Au lieu de ça un brouhaha général commence à monter dans l’assistance. « Il sait juste faire des réflexions, et se promener avec son bloc-note.» « Tu rigoles, il est toujours dans son bureau ! »  Visiblement, il n’est pas du tout apprécié !

Je suis passé à la diapo suivante, n’étant pas du tout à l’aise avec cette situation, et ne sachant pas à ce moment-là, comment la gérer.

Avant de quitter l’usine, j’en ai reparlé avec le Dirigeant et le responsable. Ils ont reconnu ne pas avoir communiqué sur le rôle du responsable QSE, ses missions, ce qu’il pouvait apporter aux opérateurs. Pour eux, il était considéré comme « un improductif qui est là pour fliquer et remonter au patron ce qui se passe dans l’atelier ». Il  faut préciser que le climat social n’était pas au beau fixe dans cette PME.

Le responsable QSE ne se sentant pas accepté vivait d’ailleurs très mal cette situation, il se sentait rejeté, et n’arrivait pas à faire son travail dans ces conditions. Cet évènement fut l’occasion de crever l’abcès, en effet le Directeur n’avait pas été non plus suffisamment précis sur ses attentes réelles en créant ce poste et en l’embauchant, et exprimait maintenant sa désillusion.

Le conseil du préventeur :

COMMUNIQUEZ auprès des personnes intéressées (Ni trop – Ni trop peu   / Ni trop tôt – Ni trop tard)


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PROCHAINE HISTOIRE: « Reformulez »

2 thoughts on “12. Mal à l’aise

  1. Bonjour Jean François, c’est un très bon sujet que tu mets en avant, car peu de salariés connaissent la fonction d’un responsable Sécurité, souvent il est associé à celui qui contrôle, qui flique si les procédures sont respectées. J’ai été moi-même opérateur, travaillant dans un établissement dans lequel les responsables du pôle Sécurité se promenaient avec leur stylo rouge à l’affut d’un non-respect de règle.

    La direction à une grande responsabilité, il faut se poser la question du besoin de l’entreprise à mettre ou non un responsable Sécurité. Il y a une différence entre faire « du flicage » car cela génère un climat de crainte, ou faire de la prévention, avec la mise en place d’un climat de confiance avec ses collaborateurs.

    La direction a un rôle important dans la mise en place d’un système de management Sécurité car il faut clairement quel définisse les rôles de chacun. Je vous invite à lire le référentiel BS OHSAS 18001 : « Systèmes de management de la santé et de la sécurité au travail », notamment le 4.4.1 « Ressources, rôles, responsabilités, obligations de rendre compte et autorités », « La direction, à son plus haut niveau, doit faire preuve de son engagement en définissant les rôles, distribuant les responsabilités »et surtout de les communiquer !

    Au-delà de l’aspect normatif, il faut faire preuve de bon sens car dans nos métiers de préventeur, il faut savoir oser la rencontre avec les salariés, connaitre leurs besoins. Pour ma part, j’ai toujours pris le temps de communiquer avec les salariés autour d’un café, d’un repas, communiquer sur ma mission, mon rôle et écouter leurs exigences

    Vous aurez plus d’informations dans les entretiens informels autour d’un repas, d’un café que dans une réunion.

    • Bonjour Jamel,
      merci pour ce retour très intéressant.
      Le fait d’avoir été opérateur permet d’avoir un autre regard sur les difficultés opérationnelles.
      L’implication de la Direction et son soutien vis-à-vis du préventeur est bien entendu nécessaire.
      Je suis d’accord avec toi sur les échanges informels et leurs avantages*.
      Tu parles aui de climat de crainte ou de confiance. Tout est dit !
      A bientôt.

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