47. Droit de retrait sur le toit

Découvrez la nouvelle histoire vécue de la série « 50 visions de prévention » (en savoir plus sur mon défi)

Je n’ai pas toujours été formateur et consultant. L’histoire que je vais vous raconter m’est arrivé il y a 20 ans. A l’époque, je venais de perdre mon emploi et 15 jours plus tard j’avais la chance de tenir ma fille dans mes bras. Cet évènement heureux m’a poussé à trouver du travail rapidement, en effet, je devais intégrer une formation qui ne commençait que quelques mois plus tard. Me voilà inscrit dans une « boite d’interim » comme manœuvre.

Dès lors, j’ai enchainé les missions et je me retrouve à tracer un parking ou un terrain de basket, la semaine suivante en train de démonter une arche de recuisson en verrerie, puis en train de monter des chapiteaux ou encore installer des cuisines collectives ou des tours aéroréfrigérantes sur des toits de d’hypermarchés.

Je suis jeune, et d’apprends beaucoup de choses très intéressantes, par exemple, je me souviens d’un accueil sécurité dans une usine où nous sommes restés presque un mois. « Bon les gars, vous avez intérêt de garder vos casques gants et lunettes ici ils ne rigolent pas Bon au boulot ». Maintenant que je connais le décret 92-158 sur le plan de prévention cet accueil me semble un peu léger J

casqueCette mission était particulièrement dangereuse et nous sommes d’ailleurs 3 à avoir été accidentés dans notre équipe ! Passons.

J’étais sur le toit, et je devais couper une cheminée métallique, puis la donner à mon collègue dans la nacelle en dessous. Seul problème, sous la pluie battante, dès que j’appuyais sur l’interrupteur de la disqueuse je me prenais «une châtaigne » ! Papa depuis quelques jours, je refuse de finir ma vie comme un pantin qui pendouille avec son harnais au bout d’une longe.

J’avertis donc mon chef qui me dit d’aller chercher des gants secs au cabanon. Ok, mais quelques instants plus tard, rien n’a changé le problème électrique est toujours présent. Je refuse donc de faire le travail. « Dépêche-toi ! La nacelle doit partir après, ils attendent ! »

Je reste sur ma position. J’ai l’impression que le chef d’équipe n’est pas habitué à voir un intérimaire lui désobéir. Ce jour-là, je fais valoir mon droit de retrait sans en connaître l’existence légale. Ce que je sais, c’est que je suis ici pour gagner ma vie, pas pour la perdre.

Le conseil du préventeur

Aujourd’hui encore, je suis persuadé que ces expériences m’ont permis de mieux appréhender ce que je fais maintenant. La connaissance des difficultés opérationnelles me permet de mieux comprendre chaque point de vue.

Nous avons tous des parcours différents et c’est tant mieux. La vie nous apporte toujours des occasions de progresser, sur le moment, nous ne le savons pas toujours, parfois même nous pestons face à certains évènements que nous trouvons injustes et pourtant… on se rends compte parfois après coup que c’était une chance et une réelle opportunité d’avancer, de franchir un cap de dépasser des peurs.


Pour suivre la série « 50 visions de prévention » et être informé par mail de chaque nouvelle histoire.

PROCHAINE HISTOIRE:  « La pelle, la pioche… et l’utopie »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.